Classes de bois : de quoi s’agit-il?

Le bois se dégrade en raison d’agents biologiques : l’humidité présente dans l’environnement (eau, intempéries, etc.), les champignons et les insectes. Selon le milieu dans lequel se trouve le bois, les attaques d’agents biologiques seront plus ou moins intenses. Le bois sec et abrité sera moins sensible à la dégradation qu’un bois exposé à l’humidité en permanence.
La norme européenne NF EN 335 1 à 3 définit 5 classes de bois selon l’intensité de l’exposition du bois à l’humidité dans les différentes conditions d’utilisation. Plus le risque est élevé et plus la résistance du bois doit être complétée par un traitement.
Le bois est également classé d’après son imprégnabilité, c’est-à-dire sa capacité à absorber un traitement de préservationqui augmente sa durabilité et lui permet d’atteindre une classe d’emploi supérieure à sa classe d’emploi d’origine.

Durabilité naturelle ou conférée du bois

En France, la durabilité et la préservation du bois sont régies par des normes et des réglementations. Le bois doit répondre à des spécifications précises : résistance aux insectes, aux champignons et aux organismes marins qui le dégradent.
La performance maximale de résistance du bois peut être atteinte de trois manières :

  • par une durabilité naturelle intrinsèque au bois sans traitement;
  • par un traitement de préservation;
  • par une combinaison de ces deux éléments.

Chaque bois dispose donc d’une durabilité naturelle ou conférée ou les deux à la fois.

Qu’est-ce qu’une classe d’emploi du bois?

La classe d’emploi d’un bois est déterminée par la norme NF EN 335-1 à 3 qui répertorie les bois selon leur résistance à l’humidité.
Il existe 5 classes d’emploi du bois. Chaque classe détermine la durabilité naturelle ou conférée au bois (par traitement) et sa mise en oeuvre dans la construction. Le critère de durabilité ne s’applique qu’au coeur du bois, le duramen, l’aubier étant, par définition, non durable.
Certains bois possèdent une durabilité naturelle et d’autres n’obtiendront cette durabilité qu’après un traitement de préservation (autoclave ou thermochauffant). Grâce au traitement, un bois de classe inférieure pourra être mis en oeuvre dans une classe d’emploi supérieur à sa classe d’emploi d’origine.

Les 5 classes d’emploi du bois

La durabilité du bois est déterminée par la résistance du coeur du bois, le duramen, car la région périphérique du bois, l’aubier, est par définition non durable.
Les essences de bois sont classées en 5 catégories d’emploi qui correspondent à la capacité naturelle d’un bois à résister aux agents biologiques externes lorsqu’il est mis en oeuvre dans la construction.

La classe d’emploi 1

C’est le bois qui doit être maintenu au sec sans aucun contact avec l’humidité. L’humidité intrinsèque du bois est comprise entre 6 % et 12 % sans jamais dépasser 20 %.
Ce type de bois est utilisé pour les menuiseries intérieures : parquets, lambris, escaliers et portes.
Les risques biologiques encourus par cette classe de bois sont les insectes à larves et en particulier les termites.

La classe d’emploi 2

C’est un bois sec dont l’humidité est comprise entre 12 % et 20 % avec un dépassement occasionnel supérieur à 20 % dans un environnement où l’humidité ambiante est élevée.
Les essences de bois de cette catégorie sont utilisées comme bois d’intérieur ou sous abri : charpentes et ossatures ventilées.
Cette classe de bois est soumise aux risques biologiques de pourriture superficielle et des insectes (termites).

La classe d’emploi 3

Le bois de cette classe d’emploi est divisé en deux catégories :

  • bois en extérieur avec séchage rapide;
  • bois en extérieur avec humidification prolongée.

Ce bois est en contact avec le sol et exposé à une humidification fréquente ainsi qu’à de l’eau stagnante. Les risques pour les essences de bois dans cette catégorie sont la pourriture et les insectes (termites).
C’est le type de bois utilisé pour les menuiseries extérieures : bardage, fenêtres, volets, portails et portes.

Les classes d’emploi 4 et 5

  • Le bois de classe d’emploi 4 est en contact avec le sol et exposé en permanence à l’eau douce. Il peut être attaqué de façon virulente aussi bien par les insectes (termites) que par les champignons. C’est le bois utilisé pour les poteaux, les piquets, les clôtures, les balcons, les terrasses et les mobiliers extérieurs.
  • Le bois de classe d’emploi 5 est en permanence exposé à l’eau de mer salée. Les risques encourus par ce type de bois sont les térébrants marins dans la partie immergée du bois et les insectes et la pourriture dans la partie aérienne du bois. C’est le bois utilisé pour les piliers, les pontons et toutes les constructions en bois partiellement ou totalement immergées.

L’imprégnabilité des essences de bois

Une essence de bois est sélectionnée en fonction de son imprégnabilité. Chaque essence de bois possède une durabilité naturelle et une capacité à recevoir un traitement de protection, appelé imprégnabilité, afin de la destiner à une classe d’emploi supérieure à sa classe d’emploi originelle.
L’imprégnabilité traduit la faculté du bois à se laisser imprégner par un produit. L’imprégnabilité est variable selon les essences. Certaines d’entre elles sont très imprégnables alors que d’autres ne le sont pas et sont dites réfractaires.
Les bois imprégnables sont notamment le hêtre, l’aulne, le charme et l’érable. Les essences de bois dont l’aubier est imprégnable sont le chêne, l’orme, le robinier et le pin.

En Europe, la tendance actuelle dans la construction est d’utiliser majoritairement des bois naturellement durables. En France, la réglementation exige cependant que même un bois très sec (9 % d’humidité) qui peut s’utiliser sans traitement doive néanmoins recevoir un traitement insecticide et fongicide.